Coup de coeur·Jeunesse

Libération de Patrick Ness

libération

Auteur : Patrick Ness

Edition : Gallimard Jeunesse

Parution : Février 2018

Prix : 14,90€


Résumé : Un samedi d’été, dans une banlieue paumée. Adam Thorn ne le sait pas encore, mais sa vie est sur le point de basculer. Asphyxié par sa famille, harcelé par son boss, tiraillé par des sentiments contradictoires, gay, définitivement gay, Adam voudrait juste avoir le droit d’aimer.
Pendant ce temps, au bord du lac, l’esprit d’une jeune fille assassinée se réveille, en quête de vengeance…
L’un et l’autre trouveront-ils la libération à l’issue de cette intense et surnaturelle fichue journée ?

Mon avis : Premier Patrick Ness que je lis. Je m’aperçois que ce n’est pas la première fois que je dis ça ces derniers temps mais j’ai vraiment envie de découvrir d’autres choses cette années : nouvelles cultures, nouveaux auteurs, nouveaux genres… Et Patrick Ness m’a définitivement convaincue.

Il a une plume très personnelle, à la fois fluide et en même temps originale. J’aime de plus en plus avoir des textes vraiment travailler en jeunesse parce que ça me hérisse d’entendre parfois des parents venir à la librairie et sous-entendre que ce n’est qu’un sous-genre. Non. Patrick Ness démontre qu’une écriture de roman ado peut être aussi percutante et belle que pour la littérature adulte.

Les thèmes de ce roman sont la différence concernant les gay et comment ils peuvent être perçu, leurs difficultés à le dire, à être accepter notamment vis à vis de leur famille. Il y a aussi le thème de l’amour en ce qu’il a de plus beau avec de beaux moments de partage, mais aussi en ce qu’il peut avoir de destructeurs. Ces thèmes sont traités ici avec justesse et chacun sans forcément être gay pourra se retrouver dans certaines réflexions apportées.

L’auteur a choisi le parti-pris de nous raconter comment tout va changer pour Adam en une seule journée. En étant aussi condensé cela rend son récit plus fort. Notre héros est vraiment malmené tout au long du texte. Des choses durs lui arrive. Il se demande s’il arrivera a faire face. En quelque sorte on a le passage à l’âge adulte d’Adam qui se joue. Et al fin est remplie d’espoir. Oui la vie n’est pas rose mais Adam arrive enfin a mettre des mots sur celui qu’il est et celui qu’il veut devenir. Il a aussi crever l’abcès avec sa famille. A la fin ce ne sera toujours pas tout rose mais il a franchi un cap et c’est très émouvant.

Le seul bémol à ce récit concerne le destin fantasmagorique d’une jeune fille décédée et qui va chercher à comprendre ce qui lui est arrivé. Pour être franche je n’ai pas aimé ces passages-ci. heureusement ils sont courts et peu nombreux. Mais pour moi cela n’ajoutait rien du tout. J’avais juste envie de les zapper pour revenir à Adam. Le style change complètement à ce moment et ça c’est fort. Mais c’est tout.


Point positifs : la question gay est posée et traitée avec justesse, sans fioritures mais de manière réaliste, les personnages sont ultra attachant, de nombreuses autres questions importantes sont traitées : la religion, les attouchements, l’amitié indéfectible, les premiers amours… La plume est sublime.

Points négatifs : Toute la partie surnaturelle qui m’a semblé de trop et sans lien avec le reste.


Citation : « Pourquoi les gens qui ne sont plus des ados méprisent-ils systématiquement tous les sentiments qu’ils ont éprouvés à cet âge-là ? Quelle importance, enfin, qu’il vive autre chose ensuite ? Ces jours à la fois douloureux et euphoriques qu’il avait vécus n’en seraient pas moins vrais. La vérité, c’est toujours maintenant. Et d’autant plus quand on est jeune. »

Jeunesse

Emma et le livre oublié de Mechthild Glöser

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Auteure : Mechthild Glöser

Edition : Fleurus

Parution : Février 2018

Prix : 16,90€


Résumé : Emma est de retour au pensionnat de Stolzenburg pour faire sa rentrée en seconde. Un jour, alors qu’elle et ses amies rangent la vieille bibliothèque de l’établissement, Emma trouve un vieux livre oublié, ou plutôt caché, dans une commode. À première vue c’est un livre tout ce qu’il y a d’ordinaire, mais… on dirait qu’il murmure, qu’il chuchote le nom d’Emma, comme s’il était… vivant !

Mon avis : J’étais très intriguée par ce SP qui promettait du mystère, de la magie et le tout dans un vieux manoir ancien. Malheureusement je suis allée de déconvenues en déconvenues.

Avant toute chose et ce que ne signale pas du tout le résumé c’est que ce roman est une réécriture d’orgueil et préjugé. ça aurait du me plaire. Mais pourquoi le cacher ? En plus ce n’est pas qu’une référence mais un vrai copier-coller de l’oeuvre originale. On retrouve la plupart des scènes cultes mais avec des personnages bien moins captivant.

Parlons-en d’ailleurs des personnages ! Pourquoi tant de niaiserie ? L’héroïne tombe sur un livre magique et plutôt qu’écouter son amie qui lui conseille la prudence et alors même qu’elle sait et se répète qu’elle devrait faire attention mademoiselle s’amuse avec les pouvoirs du livre comme si de rien n’était. J’ai envie de dire « tu as oublié ton cerveau quelque part !! ». En plus côté romance que dalle. Elle est soi-disant amoureuse d’un garçon depuis un an et demi et paf en cinquante page elle est passée à autre chose. Bref ce n’est que ça. Du cliché, de la niaiserie et des incohérences.

Quant à l’intrigue, celle du livre, de ses pouvoirs, franchement ça commençait bien. L’auteure savait ajouter un peu de suspense quand il le fallait. Mais ensuite c’est devenu, encore une fois, du n’importe quoi. Les passages passionnants étaient coupés par des histoires de filles sans queues ni têtes. Le rythme n’est pas du tout maitrisé. Et la fin est bâclée. J’aurais aimé qu’elle prenne plus de temps et qu’on ait plus de réponses.


Points positifs : une écriture fluide, un cadre intéressant, le suspense est là.

Points négatifs : les personnages, la réécriture d’orgueil et préjugé à demi-mots mais copié-collé et surtout qui ne colle pas à l’intrigue, un rythme en dent de scie.

Fantastique·Jeunesse

Smoke de Dan Vyleta

smoke

Auteur : Dan Vyleta

Edition : Robert Laffont

Parution : Janvier 2018

Prix : 22€

Age conseillé : 15 ans


Résumé : Angleterre, fin du XIXe siècle. À Londres s’entassent les classes laborieuses qui par tous les pores exsudent une infecte Fumée, preuve de leur noirceur intérieure et de leur infériorité. À la campagne vivent les aristocrates, d’une blancheur de lys et qui ne fument jamais, signe de leur vertu et de leur droit à gouverner. Dans un internat d’élite, Thomas et Charlie, seize ans, s’exercent sans relâche à dompter leurs instincts afi n de ne pas fumer. Mais le doute les tenaille : comment se fait-il que l’un de leurs congénères, un vrai petit tyran, soit épargné par la marque du vice ? Avec l’aide de la ravissante et très prude Livia, ils enquêtent sur la nature réelle de la Fumée. Et découvrent que l’ordre établi est fondé sur une scandaleuse duperie.

Mon avis : Smoke c’est mon collègue qui me l’a conseillé et franchement je le remercie parce que c’était une excellente lecture, du genre qu’on oublie pas facilement.

Je dois d’abord vous prévenir c’est un roman dense, assez long à se mettre en place. Ce n’est pas une lecture « facile ». Je ne suis pas en train de dire que c’est hyper complexe en général. Mais il y a de la complexité dans l’univers, dans les tenants et les aboutissants de l’intrigue. C’est hyper bien fait. Mais cette densité pourrait en rebuter certain.

L’imagination de l’auteur est juste incroyable. Pour les amateurs d’à la croisée des mondes vous devriez apprécier. Déjà ça se passe en partie à Oxford et Londres et comme pour les livres de Pullman ce Londres est plus ou moins le notre avec une différence de taille : les gens fument. C’est la manifestation physique de leurs défauts et de leur péchés.

De très nombreuses questions sont abordées comme le mensonge, l’autorité et surtout celle du bien et du mal. Dans un monde où chaque mauvaise action ou mauvaise pensée est visible cette question de bien et mal est capitale. peut-on juger quelqu’un juste sur ses mauvaises pensées, peut-on être parfait sans perdre notre humanité, le bien a tout prix n’est-ce pas mal au final ?

Bref ce roman aborde des questions passionnantes et cela sans oublier l’action. En effet, nos trois héros, n’ont que quelques bouts d’informations et la quête de la vérité va les mener sur un chemin compliqué et semé d’embuches.

Concernant les personnages, comme avec Pullman ou les très bons textes, ils ne sont ni mauvais ni bon. Ici pas de manichéisme. Tout le monde est plutôt gris. Honnêtement à part Charlie tous les autres je n’en aurais pas fais mes amis en réalité. Cependant, ils ont une telle profondeur qu’ils en deviennent palpables et qu’on veut découvrir ce dont ils sont capables. Et puis ça change d’avoir des héros vraiment imparfait, qui peuvent être faible, hypocrite ou égoïste. Chacun ici à des motivations personnelles qui ne coïncident pas forcément avec celle des autres et ça ajoute du piment à l’intrigue.


Points positifs : une intrigue complexe à souhait, une sublime plume qui ne prends pas les ado pour des demeurés, des personnages subtilement imparfait, des réflexions de fonds passionnantes

Points négatifs : Peut-être un peu dense pour certains, quelques longueurs notamment au début.

Historique·Jeunesse

Fil de fer de Martine Pouchain

fil de fer

Auteure : Martine Pouchain

Edition : Flammarion Jeunesse

Parution : Janvier 2018

Prix : 12€


Résumé : « ─ On est bien, hein ?
─ Oui, on est bien.
Je contemplais les petits nuages paresseux suspendus dans l’azur. Plus rien d’autre n’existait, il n’y avait plus que l’herbe, nous et le ciel. L’éternité. »
C’est la guerre. Gabrielle, surnommée Fil de fer, doit quitter son village pour fuir sur les routes de France avec sa famille. Au cours d’un exode dur et périlleux, Fil de fer rencontre un garçon mystérieux. C’est le coup de foudre. Qui est ce beau jeune homme qui n’a jamais faim ou soif ?

Mon avis : J’ai lu ce roman de la rentrée d’hiver jeunesse un peu par hasard. Habituellement les récits sur la première guerre mondiale ne sont pas ma tasse de thé mais lui m’intriguait. Et je suis ravie de l’avoir lu.

Ce roman est entièrement du point de vue de Fil de fer, une jeune fille, jeune adolescente qui passe son temps à réfléchir à tout, a essayer d’analyser tout ce qui arrive. Elle réfléchit bien trop d’ailleurs. Et bien vite cela va se heurter à la guerre et à son incompréhension.

Par tous ses questionnements incessants fil de fer grandit, elle se découvre. Mais comment grandir sereinement quand on est obligé de partir sur les routes pour fuir les allemands. C’est un des propos de ce roman et c’est superbement amené par l’auteure. Elle nous offre une héroïne proche de nous, réaliste, qui voit tout son quotidien bouleverser et qui a un regard sur le monde très mature pour son âge et en même temps très candide parfois.

Il y a aussi un peu de fantastique dans ce roman et j’avoue que je n’avais pas vu le chose venir, malgré les indices laisser par l’auteure. Quand j’ai compris j’ai eu tellement de peine pour fil de fer et à travers elle pour toutes les victimes de la guerre. C’est assez dur mais sans être volontairement gore et insurmontable. L’auteure montre juste une des réactions possible face à la détresse qu’on ressent dans des situations extrême. C’est très juste. L’ensemble du texte l’est, d’ailleurs.


Points positifs : une héroïne réaliste, des questionnements sur la vie, la guerre très bien amené, une plume délicate et toujours juste, une pointe de fantastique qui nous dit toute l’horreur de la guerre.

Point négatif : Quelques petites longueurs au milieu du texte.

 

Littérature étrangère

Un autre Brooklyn de Jacqueline Woodson

Un-autre-Brooklyn

Auteure : Jacqueline Woodson

Édition : Stock

Parution : Janvier 2018

Prix : 18€


Résumé : « La première fois que j’ai vu Sylvia, Angela et Gigi, ce fut au cours de cet été-là. Elles marchaient dans notre rue, en short et débardeur, bras dessus bras dessous, têtes rejetées en arrière, secouées de rire. Je les ai suivies du regard jusqu’à ce qu’elles disparaissent, me demandant qui elles étaient, comment elles s’y étaient prises pour… devenir. »

Mon avis : Merci merci merci à Alexandra pour m’avoir parlé de ce livre. On a pas du tout le même ressenti final mais c’est ça le pouvoir de la littérature, changé du tout au tout selon les personnes. En tout cas, sans toi je serais passée à côté d’une perle.

Avec ce roman j’ai découvert la réalité de ce que pouvais être la vie des classes laborieuses à Brooklyn dans les années 70. L’auteure arrive à nous rendre la dureté mais aussi les vraies joies du quotidien de quatre jeunes filles qui apprennent à devenir femme dans un contexte difficile notamment quand on est une jeune fille.

Et cette dureté n’est jamais cachée et en même temps l’auteure ne s’appesantit pas dessus. Ce n’est pas cru. Jamais. Au contraire souvent les éléments durs sont suggérer plus que clairement évoqué. Cela s’accorde particulièrement à l’amitié incroyable de ces quatre héroïnes qui se soutiennent mais se cachent aussi beaucoup par pudeur notamment. leur lien est d’une telle beauté. Sylvia, Gigi, Angela et la narratrice August sont des jeunes filles d’une richesse incroyable. J’avais vraiment l’impression de les connaitre intimement. Tout sonnait juste.

Et tout cela tient à la plume de l’auteure et à la construction de son récit. Il est assez haché avec trois temporalité bien marquées : la jeunesse d’August, puis les années 70 à Brooklyn et les années 90 où elle se remémore son passé. Le roman est fait de paragraphes souvent assez court, comme quand on se remémore un souvenir ce qui est le cas donc. Les mots sonnent justes et avec délicatesse.


Points positifs : Un superbe roman avec une plume délicate, une construction originale, des héroïne fortes et fragiles à la fois, un portrait de Brooklyn captivant, un roman vibrant sur le passage à l’âge adulte.

Point négatif : la construction et l’écriture peuvent perturber au départ, mais persévérer.

 

Coup de coeur·Fantastique·Jeunesse

La chanson d’Orphée de David Almond

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Auteur : David Almond

Édition : Gallimard Jeunesse

Parution : Janvier 2018

Prix : 15€


Résumé : « Je suis celle qui reste. Je suis celle qui doit raconter. Je les ai connus tous les deux, je sais comment ils ont vécu et comment ils sont morts ».

Claire est la meilleure amie d’Ella Grey. Elle était là au moment du coup de foudre avec le beau et mystérieux Orphée. Celui qui a rendu Ella si vivante et qui a causé sa perte. Celui qui est prêt à descendre dans les profondeurs des enfers pour la ramener.

Dans l’Angleterre contemporaine, David Almond livre un conte romantique, moderne et poétique, un hymne vibrant à l’amour et à la musique.

Mon avis : J’aime beaucoup la mythologie grecque et notamment le mythe d’Orphée et d’Eurydice alors le retrouver en littérature ado dans une réécriture moderne je dis oui. Et j’avais hâte de découvrir ce texte. C’est un COUP DE CŒUR !

Ce roman est en majorité du point de vue de Claire, la meilleure amie d’Ella. J’ai trouvé cela très judicieux car face à cette histoire totalement hors du commun Claire est la seule a être vraiment tangible, proche de nous avec des aspirations de jeunes d’aujourd’hui. Cela permet de montrer le décalage entre cette histoire d’amour quasiment antique venu d’un autre monde et Claire qui comme nous est « normale ». D’ailleurs j’ai aimé les questions que Claire se pose, ses mises en garde. C’est à la fois plus de cohérence et en même temps cela appuie le tragique de l’amour entre Ella et Orphée.

J’ai aimé l’onirisme de cette histoire. Dès le début on sent comme Claire et son pressentiment, que quelque chose est sur le point de basculer. C’est l’arrivée d’Orphée et tout ce qui s’ensuivra. Avec Orphée l’histoire est sur le fil du rasoir entre rêve, réalité et cauchemar. Il est à la fois trop beau pour être vrai et en même temps un simple gamin. D’ailleurs le voile sur lui ne sera jamais fait. Ce n’est pas le propos. La beauté de l’amour qui le lie à Ella se passe d’explication. Il y a de l’onirisme mais aussi beaucoup de flou et cela s’accorde à l’histoire et créer cette ambiance si particulière que l’auteur arrive à dépeindre.

La problématique de l’adolescence, du passage à l’âge adulte de la liberté de la jeunesse est subtile dans ce texte mais néanmoins bien présente ce que j’ai apprécié aussi.

Et surtout avec Orphée, qui dans le mythe est connu pour jouer une musique divine, la poésie, la musique et le chant son au cœur du récit. Comme s’ils étaient le langage de l’amour et de toute chose. David Almond possède une plume fluide et surtout poétique, rythmée comme si le texte entier était un poème. C’est un vibrant hommage à la musique comme lien entre toutes les créatures.

Points positifs : une plume absolument magnifique et fluide, une ambiance onirique tout en subtilité, un amour magique et le mythe très bien réinventé.

Points négatifs : Encore une fois je n’ai pas de négatifs à soulever !


Êtes-vous tenter par cette lecture ? Vous aimez la mythologie ? Vous avez un mythe qui vous intéresse en particulier ?

Coup de coeur·Jeunesse·Science-fiction

Nouvelle Sparte de Erik L’homme

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Auteur : Erik L’homme

Edition : Gallimard Jeunesse

Parution : Novembre 2017

Prix : 13,50€


Résumé : Deux siècles après les grands bouleversements qui ont balayé le monde d’avant, Nouvelle-Sparte vit en paix au bord du lac Baïkal. Valère et Alexia, seize ans, se préparent à devenir pilotes d’élite quand une série d’attentats sème le chaos dans la cité. Qui se câche derrière ces lâches attaques ? Les fanatiques du Darislam ? Les patriciens corrompus de Paradise ? Valère est chargé par le Directoire de mener l’enquête. Une mission périlleuse qui va le plonger dans les sombres entrailles de l’Occidie et faire voler son univers en éclats…

Une fable puissante, un formidable roman d’aventures par l’auteur de « Phaenomen », « Le Livre des Étoiles » et « A comme Association ».

Mon avis : Erik L’homme fait partie des auteurs chouchou de mon enfance avec le livre des étoiles que j’ai lu et relu de nombreuses fois. Quand j’ai vu qu’il sortait un one-shot pour ado je me suis précipitée. Et attention c’est un COUP DE COEUR !!

J’ai aimé l’univers post fin du monde. Ici plus de pays mais quatre entités reparties sur les lambeaux de l’ancien monde après une guerre mondiale meurtrière. Nous suivons surtout le destin de la Baïkalie un petit territoire dont la société et la politique est un retour à la démocratie grecque ancienne où chacun est libre, égaux… Mais d’autres entités sont capitales dans ce texte notamment l’Occidie qui est l’exacte opposée de la Baïkalie puisque de très forte disparité existent là-bas (c’est la loi du plus fort en fait).

A travers ces différents territoires l’auteur nous amène a réfléchir sur nos mode de sociétés actuelles, ce que nous avons perdu, ce qu’on pourrait changer. Surtout il ne prend jamais parti. Le narrateur ne porte pas de jugement. Erik L’homme juge ses lecteurs suffisamment grand et apte a réfléchir par eux-même. J’apprécie.

Et la réflexion est bien au coeur de ce récit. Réflexion et esprit de déduction pour notre héros qui veut comprendre dont vient la menace et déjouer les complots qui pèse sur son peuple. Réflexion donc sur ces gouvernements, la perte des libertés, la lutte riche/pauvre… Réflexion aussi grâce à plusieurs extraits de textes antiques de philosophie toujours expliqué avec brio. La philosophie est importante ici et moi qui n’aime pas ça je me suis retrouvée à vouloir pousser un peu plus loin les propos amené par le texte.

Et tout cela ce fait avec un style accessible et surtout original. Etant donné que la Baïkalie a un système bien particulier, Erik l’Homme a aussi créer un vocabulaire très particulier. Cela donne une vraie richesse au récit. Et surtout quelle plume pour ce qui est de l’action, de la maitrise du suspense et de la tension.

Points positifs : Une plume précise et original, un monde développé, des problématique sous-jacente hyper intéressante, une part de philosophie captivante, des rebondissements dans l’intrigue et surtout un auteur qui aide à nous faire comprendre sans réfléchir pour nous.

Points négatifs : Hum aucun ^^.


Citation : « Dans la fédération […] Chaque individu existe de trois manières. Dans le je-suis… Comment expliquer ? Le je-suis, c’est l’essence de l’être, les particularités de chacun, ses qualités, sa personnalité, sa nature profonde ! Ensuite dans le je-fais. Le je-fais, c’est l’empreinte de la volonté de chacun dans le monde, la somme de ses actes, son action personnelle… Et puis enfin dans le nous-ensemble : c’est la place que chacun occupe dans le groupe, ce qu’il apporte au destin collectif… »


Avez-vous envie de découvrir ce roman de science-fiction hyper original ? Avez-vous déjà lu des romans de cet auteur ?