Littérature étrangère

La couleur pourpres de Alice Walker

couleur pourpre

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Auteur : Alice Walker

Edition : Robert Laffont collection « Pavillons poche »

Parution : 1982

Prix : 9€

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Résumé : Depuis leur séparation, depuis des années, Nettie et Celie, deux jeunes Noires, soeurs tendrement unies, n’ont cessé de s’écrire. Mais aucune missive, jamais, n’est parvenue ni à l’une ni à l’autre.
C’est que Celie, restée là-bas, près de Memphis, subit la loi d’un mari cruel qui déchire toutes les lettres venues d’Afrique – où Nettie est missionnaire. Alors Celie, la femme-enfant, écrira via le bon dieu, qui, lui, sait tout… Même sans retour de courrier, c’est la seule solution que trouve Célie pour ne pas sombrer dans la folie. Elle se raconte, sans misérabilisme, décrivant le cauchemar de la violence et de l’isolement mais aussi l’espoir qui naîtra de sa rencontre avec la sensuelle Shug Avery, auprès de qui Celie apprivoisera son corps, apprendra l’estime de soi et connaîtra l’amour.

Mon avis : J’ai lu ce roman il y a quelques mois mais je n’en avais pas fais encore la chronique, pourtant quel coup de coeur. Encore maintenant j’ai des réflexions qui me viennent en tête tirées du livre. Et puis pour celles et ceux qui s’intéressent au féminisme ou juste à la place des femmes noires dans le société américaine durant les années 60 c’est un grand livre.

     Comme le dit le résumé le livre est entièrement constitué de lettres. Et j’adore le genre épistolaire. Ça ajoute une touche plus personnelle au roman je trouve. Dans ces lettres Celie se permet de dévoiler tout ce qu’elle pense véritablement et qu’elle n’ose pas dire. Et je ne sais pas pourquoi mais je trouve que c’est généralement plus beau sous cette forme que juste avoir le point de vue interne en suivant les monologues intérieurs des personnages. Et puis pour ceux que la forme épistolaire rebute ou fait peur je vous rassure tout de suite. L’auteure a su ajouter des dialogues à l’intérieur des lettres qui du même coup viennent dynamiser le récit, le rendre plus vrai et par là on découvre surtout tout les autres personnages. C’est aussi le moyen de comparer l’attitude de l’entourage de Celie avec ce qu’elle pense elle-même dans les lettres. Bref j’ai trouvé ce système très ingénieux car on a tous les ingrédients pour avoir un bon roman pas trop psychologique et en même temps concentré sur notre héroïne. 

 

   Concernant les personnages je tire mon chapeau bas à l’auteure. Ils sont assez nombreux cependant on ne les découvre pas tous en même temps ce qui nous laisse le temps de bien situer chacun d’eux, leur histoire et leur passé. J’ai beaucoup aimé. Et chacun d’eux est vraiment travaillé. Ils sont tous très différents. Je vais prendre l’exemple de Celie et Shug Avery. La première est très douce, pensive, assez passive et d’une gentillesse à toute épreuve. Shug Avery elle, est forte, ne se laisse pas marcher sur les pieds à une époque où les femmes sont tenus d’obéir à leurs mari, elle est aussi insouciante du moins le laisse croire et en même temps on sent toujours quelques failles percer. J’ai aimé suivre toute la troupe de personnages qui deviennent au fil des années une gigantesque famille unis à travers les épreuves. 

 

   Et oui parce que des épreuves ils vont en avoir. Déjà Celie l’héroïne. On en peut pas dire qu’elle ai une une enfance facile enfin presque pas d’enfance du tout. L’auteure a une telle plume qu’elle arrive à nous faire ressentir tout ce qu’a vécue Celie et sans avoir besoin de passer des chapitre et des chapitres entiers. A travers elle on y découvre les habitudes des populations noires des années 60. J’étais révoltée en voyant ce que lui a fait son père puis que son calvaire continu avec Albert. Mais ce que j’ai aussi apprécié c’est que Alice Walker ne fais pas d’un cas une généralité. Elle nous offre aussi, par les yeux de Celie, la vision de couple solide, qui s’aime et apprenne à ne pas agir comme le fait toute la société autour d’eux. Eux aussi traverse des épreuves et souvent bouleversante. Mais comme le dit mon résumé à moi (que je n’ai pas trouvé), l’humour n’est jamais bien loin. Encore une force du roman selon moi. Malgré les pires moments qu’ils traversent tous, on trouve toujours des répliques drôles, des moments tendres d’amour etd’amitiés. Bref ce roman n’est pas noir et c’est ce que j’aime. Il est en demi-teinte comme la vie. 

 

   Au final vous l’aurez tous compris cette critique est élogieuse. Je suis passée par une palette de sentiment très large avec ce roman. J’y ai découvert les horreurs que pouvait subir les femmes à cette époques tant par les blancs que par leurs maris ou pères. Mais j’y ai aussi découvert une magnifique histoire d’amour, une double histoire d’amour. Une est avec Shug et une autre avec un autre personnage dont je n’ai pas parlé pour conserver du suspense. Je ne peux que vous conseiller ce roman. Il se lit tout seul, n’est pas très long et ne coûte pas non plus très cher.

 

Il existe aussi une version cinématographique réalisé par Spielberg que j’ai trouvé absolument magnifique aussi. Woopy Goldberg incarne Celie de manière magistrale avec justesse, retenue et force en même temps. Vraiment les deux sont à voir et lire sans aucune retenue. C’est beau, c’est fort, ça prend aux tripes et ça nous fait réfléchir. Que vouloir de plus ?! 

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Littérature étrangère

La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva un mardi de Rachel Joyce

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Auteur : Rachel Joyce

Edition : XO

Parution : 2012

Prix : 19,90€

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Résumé : Il était juste parti poster une lettre. Mais c’est mille kilomètres qu’il va parcourir à pied. Un roman inoubliable qui a conquis le monde entier. « Je suis en chemin. attends-moi. Je vais te sauver, tu verras. Je vais marcher, et tu vivras. » Harold Fry est bouleversé par la lettre qu’il reçoit de Queenie Hennessy, une ancienne amie qui lui annonce qu’elle va mourir.
Alors que sa femme, Maureen, s’affaire à l’étage, indifférente à ce qui peut bien arriver à son mari, Harold quitte la maison pour poster sa réponse. Mais il passe devant la boîte aux lettres sans s’arrêter, continue jusqu’au bureau de poste, sort de la ville et part durant quatre-vingt-sept jours, parcourant plus de mille kilomètres à pied, du sud de l’Angleterre à la frontière écossaise. Car tout ce qu’Harold sait, c’est qu’il doit continuer à marcher.

Mon avis : Nouvel article et un COUP DE COEUR incroyable, qui plus est pour un roman qui ne me laissait pas présager tant de remue ménage sentimental si on peut dire ^^.

Ce qui m’a tout de suite donné envie d’acheter ce livre c’est ce résumé. Immédiatement j’ai eu de l’empathie pour ce Harokd Fry. Surtout j’ai trouvé l’idée de cette marche tellement originale. Harold est un retraité de 67 ans il me semble et décidé de faire quelque chose sur un coup de tête ne lui ressemble absolument pas. Dans la vie il a toujours été du genre en retrait, ombre furtive qui passe sans faire de vague. Mais voilà les mots de sa réponse ne lui convienne pas. Dès lors sans l’avoir vraiment décidé il s’embarque pour une aventure qui va être à la fois d’une grande jouissance pour lui mais aussi très triste. Vu son âge cette marche n’a rien de facile. Et dès le début des crampes, un boitement et autre tracas s’enchaine. En effet il n’est partie qu’avec ses chères bottes adorées, vraiment pas prévues pour la marche. J’ai adoré comment il s’accrochait à celles-ci d’ailleurs.

Tout le long du chemin Harold va rencontrer des tas de gens différents. C’est un des gros points fort du roman. J’ai aimé le fait que l’on assiste à divers moments d’intimité selon les personnes qu’il va croiser. Certains vont l’encourager dans son projet; D’autres vont le juger fou. Mais chacun va en définitive lui apporter quelque chose. En effet beaucoup finisse par se confier à lui comme s’il était un réceptacle idéal. Du coup nous aussi on devient ce réceptacle-ci.

Tout cela rend aussi plus fort Harold. Il prend du recul sur sa vie. Prend conscience de tout ce qui a raté dans sa vie, se rappel d’évènements oubliés mauvais mais aussi et surtout de nombreux bons moments. En marchant c’est une vraie chasse au trésor qui s’opère en lui. Il décide enfin de se mettre à nu et nous en lisant on passe par toutes sortes de sentiments allant même jusqu’aux larmes parfois. En effet, dès le début j’ai senti qu’il y avait de nombreuses choses cachées concernant la vie de Harold. Et alors quand le secret éclate j’ai été bouleversé. Pas un seul instant je n’aurais imaginé cela. C’était triste mais de manière authentique et nullement larmoyant.

En bref ce roman en plus de nous offrir des tas de moments de vie à travers les personnages secondaires il nous offre aussi le portait d’un sexagénaire humain avec ses failles et qui tente au moins une fois dans sa vie d’agir en homme, de mener à son bout un projet qu’il a décider de lui-même. Pour cet homme qui a passé sa vie telle une ombre sans faire de vague c’est un parcours difficile mais libérateur. Et franchement à lire c’est tout bonnement incroyable.

 

Littérature étrangère·Romance

Le secret de Pembrooke Park de Julia Klassen

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Auteur : Julia Klassen

Edition : Milady romance

Parution : 2015

Prix : 15,20€ ou 6,90€

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Résumé : Jeune femme sensée, Abigail Foster s’inquiète pour l’avenir de sa famille depuis qu’ils sont ruinés jusqu’à ce qu’un étrange notaire leur propose d’emménager dans un grand manoir, Pembrooke Park, abandonné depuis dix-huit ans. Son père et elle s’y rendent et sont accueillis par le charmant vicaire, William Chapman, qui leur apprend que, selon des rumeurs, la maison renfermerait un trésor. Aux prises entre de vieux amis et de nouveaux ennemis, Abigail ignore les dangers auxquels elle devra faire face avant de lever le voile sur ces mystères et de trouver l’amour qu’elle recherche depuis toujours.

Mon avis : J’ai acheté ce livre au salon du livre de Paris 2017 parce que j’avoue que le résumé plein de mystère, de trésor et de château à l’abandon parlait totalement à mon imaginaire un brin romantique ^^.

J’ai beaucoup aimé ce roman pour le réalisme dont il fait preuve. Oui parce que j’aime bien l’aspect chasse au trésor tout ça mais j’ai aussi les pieds sur terre et faut que ce soit un minimum cohérent et là on est en plein dedans. On suit une famille désargentée à la suite de spéculation un peu hâtive comme cela arrivait très souvent à l’époque qui était alors en plein bouleversement de toute son industrie ainsi que de son économie et certains y laissaient des plumes. Bref la famille se voit contrainte de quitter Londres pour un manoir en pleine campagne. Et là va démarrer une très très chouette histoire. Une histoire de secret de famille, de vengeance, d’amour aussi. L’intrigue est passionnante et nous emporte très vite. les pages défilent sans que l’on s’en aperçoivent. Il n’y a que la fin qui j’ai trouvé un peu trop rapide pour moi.

Les personnages sont magique notamment Abigail et William. Ils apprennent à se connaitre, à se faire confiance. Ils s’apprivoisent en quelque sorte et c’était superbement bien mené. Puis l’auteur a su jouer avec nos nerfs et doser notre frustration juste comme il le faut. Quant à la famille de William que dire à part qu’ils sont adorables et apportent énormément à l’intrigue. Quant à deux personnages au coeur de l’intrigue et du secret (que je cacherais évidemment) sans être trop trop présent ils sont justes parfait.

Le tout est porté par une plume à la fois simple, belle et qui fait mouche. Certes c’est moins cynique et critique que Jane Austen. Néanmoins l’auteure prend plaisir parfois à égratigner quelques habitudes de l’époque et c’est hilarant.

C’était une belle romance pile poil ce dont j’avais envie à ce moment-là et qui m’a comblée comme je le voulais. Je vous le conseille !

Littérature étrangère

Le vent dans les saules de Kenneth Grahame

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Auteur : Kenneth Grahame

Edition : Libretto

Parution : 1908 et 2013 pour cette édition

Prix : 8,70€

Résumé : Ils sont quatre : quatre aventuriers plus ou moins pantouflards du monde animal à vivre l’aventure quotidienne de la vie. Il y a les deux amis, Rat et Taupe, le sage et bourru Blaireau et l’entêté, vaniteux et totalement irresponsable Crapaud par qui tout ou presque arrive. Ces quatre-là suivent les saisons, le cours de l’eau et racontent en un livre magique tout ce qui fait le prix de l’existence : peur, amitié, désir d’ailleurs, perte, abandon, espoir…

Mon avis : L’année dernière j’avais découvert Watership down de Douglas Adams qui racontait telle une fable et une épopée mêlée l’histoire de lapins. Ce texte, un immense succès mondial sauf en France, m’avait séduite à un point inimaginable. D’ailleurs c’était MA lecture favorite de tout 2016. Depuis j’ai fureté et je suis tombée sur ce texte qui est un grand classique anglais, connu en France notamment grâce à la bande-dessinée de Michel Plessix. Et j’ai vraiment vraiment beaucoup aimé ma lecture.

Ce roman est un hymne à la vie, à la joie de vivre tranquillement en harmonie avec la nature et son entourage. Il y a un très beau message incitant à la simplicité et l’amour de soi et des autres dans ce texte. Il est parfois un peu contemplatif dans le sens où l’auteur aime nous donner les détails descriptifs de la rivière, des bois, du logis : des choses simples qui font notre bonheur. C’est vraiment beau à lire.

Mais nous avons aussi de l’action notamment à cause de M. Crapaud qui un jour découvre l’automobile. Dès lors la quête de vitesse et de danger est le seul interêt de M. Crapaud à qui il va arriver énormément de problèmes. Il devient un vrai danger public et c’est assez drôle à lire. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il va connaitre des rebondissements à foison et ses trois amis avec lui. Et là encore il y a un message derrière cela. celui de ne pas chercher à tout pris à vivre vite, de ne pas chercher le danger non plus au risque de tout perdre notamment ses amis et bien plus encore.

Par certain aspect ce texte m’a fait penser à la Comté dans le seigneur des anneaux. Le lieu de vie de nos quatre héros est un endroit charmant, verdoyant, où chacun vie sa vie de manière simple mais douce. La plume de l’auteur est d’ailleurs pleine de cette douceur. ce qui n’empêche pas de nombreuses piques et pas mal d’ironie. En effet, sous couvert d’animaux certaines situations font fortement références à la société humaine et c’est passionnant.

Un grand classique anglais à découvrir ! D’ailleurs la bande-dessinée de Michel Plessix est tout aussi magique à lire.

Littérature étrangère

Le secret de la manufacture de chaussettes inusables, Annie Barrows

secret manufacture

Auteur : Annie Barrows

Edition : Nil puis 10/18

Parution : 2015 puis 2016

Prix : 9,10€ en poche

Résumé : Été 1938. Layla Beck, jeune citadine fortunée, refuse le riche parti que son père lui a choisi et se voit contrainte, pour la première fois de sa vie, de travailler. Recrutée au sein d’une agence gouvernementale, elle se rend à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville. L’été s’annonce mortellement ennuyeux. Mais elle tombe vite sous le charme des excentriques désargentés chez lesquels elle réside, les Romeyn. Autrefois propriétaire de la manufacture, cette famille a une histoire intimement liée à celle de la ville. De soupçons en révélations, Layla va changer à jamais l’existence des membres de cette communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.

Mon avis : Ayant adoré le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates dont Annie Barrows était l’une des auteurs j’avais hâte de lire celui-ci. Certes ce n’est pas au même endroit ni tout à fait à la même période mais l’histoire m’intriguait particulièrement. Et ma lecture a été étrange. J’ai eu beaucoup de mal au début puis la seconde moitié m’a littéralement transportée. Je dirais donc que c’était une bonne lecture et je suis ravie de l’avoir lue.

Nous suivons plusieurs personnages dans cette histoire Layla notamment une jeune femme issue d’un milieu très aisée qui va s’éloigner de ses cercles habituels et être confronté à la réalité de la grande dépression américaines des années 30. Et c’est chouette car elle arrive pleine de naïveté, une pointe de condescendance mais surtout beaucoup de maladresse dans ce nouvel univers. Elle se met à notre niveau et nous ne sommes pas trop dépayser du coup.  Elle va sortir grandit de tout ce qu’elle voit et de ce qu’elle fait. C’était passionnant. Quant aux Romeyn, le clan entier est incroyable. Tant de secrets de famille, de mal-être parfois et surtout une famille soudée qui s’aime et se bat ensemble c’est beau. J’ai particulièrement aimé suivre cela des yeux d’une des enfants (dont j’ai oublié le prénom désolé ^^).

La seule chose qui m’a dérangé c’est le rythme de l’histoire. Son intrigue est selon moi un peu mal dosée. Le début est très, en fait trop lent. Je pense qu’il aurait fallu couper une bonne centaine de pages qui ont alourdi le roman sans forcément développer les personnages ou sans épaissir le mystère. C’était juste de trop. Et la seconde moitié est un pur condensé de révélations, de tensions. On s’immerge beaucoup plus facilement dans cette partie et c’est hyper bien fait. Cela aurait mérité d’être là dès le début car de bonne lecture cela devait un coup de coeur tout simplement.

En tout cas cette histoire de famille est d’une beauté et d’une richesse incroyable. A lire !

Littérature étrangère

La vie rêvée de Virginia Fly de Angela Huth

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Auteur : Angela Huth

Edition : Quai Voltaire

Parution : 1972 en VO, 2017 en VF

Prix : 21€

Résumé : Calme, intelligente et sage, Virginia Fly, institutrice, est toujours vierge à trente et un ans. Ce qui ne l’empêche pas de nourrir des pensées d’une intensité que sont loin d’imaginer ses parents, chez qui elle vit. Son prétendant Hans, un professeur plus âgé, et son correspondant américain, Charlie, sont eux aussi bien loin des fantasmes de Virginia. Quand Charlie lui annonce sa venue en Angleterre, elle n’ose espérer qu’il puisse réaliser ses rêves enflammés. Et pourtant son arrivée coïncide avec la diffusion à la télé d’un reportage sur Virginia, qui voit soudain s’offrir à elle une pléthore d’opportunités de perdre sa virginité. Mais est-il une seule d’entre elles – y compris Ulick Brand, ce délicieux inconnu – qui pourra combler ses attentes ? La Vie rêvée de Virginia Fly est finement observé, un roman captivant, à la fois tendre et d’un humour malicieux.

Mon avis : Mon collègue à la librairie m’a parlé de ce livre qu’il venait juste de terminer et qu’il avait eu du mal à lâcher et bien sûr ça a suffit à me donner envie. Je l’ai donc emprunter et lu dans la foulée. J’avais besoin de lire un peu autre chose que de la jeunesse (même si c’est mon rayon parfois ça fait du bien ^^). Et je suis ravie puisque ce livre m’a plu à moi aussi.

L’histoire est simple. Une jeune institutrice toujours vierge à 31 ans et n’ayant jamais eu de relation avec un homme ou une femme voit sa vie bouleverser par une mission télé sur son état un peu hors-norme dans nos sociétés actuelles. C’est simple mais efficace. L’auteure parvient à nous rendre accro à cette jeune trentenaire à la vie terne et routinière. En effet même si sa vie est plate, ce qu’elle sait très bien, Virginia est dotée d’une imagination incroyable. Ses rêves ou plutôt ses fantasmes sont hyper réjouissants à lire. Et puis cela offre un contraste incroyable entre sa vie et ses rêves, d’où le titre. Rien que la scène d’entrée du livre est géniale de ce point de vue. La collision entre vie rêvée et vie terre-à-terre est le sel du roman.

Ce roman est aussi l’occasion de nous dresser la portait de notre société souvent très tournée vers le sexe qui ne comprend pas et juge sans mesure les gens qui n’entre pas dans les cases habituelles. Une sévère critique, toujours avec malice est aussi faites des hommes. Non parce que pour une jeune femme vierge, le roman nous offre plusieurs portails d’hommes et chacun a plus ou moins de sacré défauts. Je ne dirais pas qui est le pire mais le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est abject. Ce manque de chance en amour de Virginia m’a beaucoup fait rire. En effet, à trop rêver elle ne sait pas distinguer les hommes bons pour elle, des goujats.

La fin quant à elle m’a laissée un peu amer. Mais en fait cela correspond tout à fait au roman. Vous savez ce sont ces fins où l’on aimerait que le personnage ne choisisse pas une telle destinée, qu’il parvienne à sortir de son schéma habituel. Mais bien sûr ce ne serait pas cohérent donc d’une autre manière on sait que c’est la meilleure fin. Avec ce roman c’est typiquement ça.

En tout cas j’ai aimé ce roman et je l’ai dévoré de bout en bout. J’ai aimé tous les personnages. On peut dire que les hommes et la famille gravitant autour de Virginia est assez gratinée. Il n’y a que le père que j’ai trouvé vraiment bon. J’ai adore aussi les diverses critiques que distille l’auteure et tout cela toujours avec un humour détonnant. En plus son style est très beau et extrêmement lisible.

Littérature étrangère

Le fantôme et Mrs Muir de R. A. Dick

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Auteur : R.A Dick

Edition : Libretto

Parution : 1945

Prix : 8,70 euro

Résumé : Au début des années 1900, en Angleterre, une jeune et belle veuve, Lucy Muir, décide de louer un cottage dans la station balnéaire de Whitecliff où elle s’installe avec fils, sa fille et sa fidèle servante, Martha, afin d’échapper à sa belle-famille.
Dès le premier soir, elle surprend l’apparition du fantôme de l’ancien propriétaire, un capitaine de marine du nom de Daniel Gregg. Se noue alors entre eux une relation d’abord amicale, à peine troublée par quelques bouderies…

Mon avis : Ce livre a été une totale découverte pour moi, dans le sens où étant assez ancien je n’en avais pourtant jamais entendu parler ni sur la blogo ni ailleurs. Je suis donc vraiment ravie d’être aller me promener un jour à Gibert Jospeh et de l’avoir vu sur une table. Après recherche j’ai vu qu’il avait beaucoup de succès en Angleterre et qu’il y avait eu un film dessus (que je regarderais avec joie). Et puis j’avoue qu’une histoire de type Jane Austen avec un fantôme ça m’intriguait beaucoup. Bref je l’ai pris et j’ai très bien fait.

Ce roman est porté par une écriture vivante et gracieuse. Les mots coulent tout seul et nous emporte avec délicatesse dans l’histoire. C’est vraiment très bien écrit et très lisible. C’est une belle plume tout simplement. Mais qui ne manque pas de rendre avec justesse les différents phrasés de nos protagonistes. Ainsi Mrs Muir est cultivée et bien élevée donc lorsqu’elle parle on a une langue déliée, claire et belle. Avec Daniel Cregg par contre on a le langage de l’homme d’action militaire et marin. Il était capitaine donc avait un bon niveau de langage mais il n’est jamais avare d’insultes à la capitaine Haddock. Les mille tonnerre gronde souvent dans la maison et c’est vraiment drôle.

L’histoire de cette Mrs Muir ensuite est le genre de récit qui reste simple et efficace. On va avoir droit au destin de cette jeune femme, jeune veuve jusqu’à la vieillesse. C’est un récit du quotidien. En ce sens il n’y a pas de péripéties à chaque pages. Mais c’est très proche de Jane Austen notamment dans les portraits parfois très critiques et ironiques de l’entourage de cette jeune veuve qui décide enfin de prendre sa vie en main et de faire ce qu’elle veut. A 34 ans cette jeune femme s’aperçoit qu’elle a passer toute sa vie d’épouse sous la coupe de sa belle-famille. Dès lors nous la allons suivre dans ce qui va être sa renaissance. C’est captivant mine de rien. Comme Jane Austen on reste captiver par Mrs Muir et les choix qu’elle fait. Et puis elle est tellement douce et forte en même temps, avec parfois de superbes réparties digne d’une héroïne badass ^^. J’ai d’ailleurs aimé les quelques critiques envers la misogynie de la situations des femmes en 1900 date du roman mais aussi en 1945 date où l’auteure publie (sachant que les femmes n’avait obtenue le droit de vote en Angleterre qu’un an avant en 1944). Sinon concernant l’histoire l’amitié qui se noue entre l’héroïne et le fantôme Daniel Cregg est aussi un vrai point positif. L’histoire se déroulant sur plusieurs dizaines d’années leur amitié évolue, connaît des hauts des bas. mais surtout ce fantôme est celui qui connait le mieux Mrs Muir, qui l’aide à prendre le contrôle de sa vie, à oser être elle-même. C’est une relation saine et tellement belle à suivre.

Au final, ce court roman de 195 pages est une vraie petite merveille à découvrir d’urgence voilà !