Jeunesse·Romance

Songe à la douceur de Clémentine Beauvais

songe à la douceur

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Auteure : Clémentine Beauvais

Edition : Sarbacane

Parution : Août 2016

Prix : 15,50€

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Résumé : Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

Mon avis : Cela fait des années que j’entends parler, en bien, de Clémentine Beauvais et à la base c’était les petites reines que je voulais lire. Sauf que songe à la douceur c’est la réécriture moderne de Eugène Onéguine, un roman que j’ai découvert l’année dernière et qui m’a totalement subjugué. J’ai placée la barre haute et Clémentine Beauvais a réussi  bien au-delà de ce que j’imaginais. Bref heureuse !

Déjà s’il y a un point à souligner c’est la construction du roman. Tout est en vers libre. Et si j’avais une petite appréhension au départ je me suis retrouvée totalement charmée par ce choix, par la poésie que cela dégage et par la liberté que cela donne. Le texte coule tout seul, fluide et en même temps il parvient très bien à rendre les moments saccadés de l’histoire, les pauses, les replis sur soi. Visuellement et surtout pour l’histoire cela apporte beaucoup.

De même, j’ai aimé la multiplicité des points de vues : Eugène et Tatiana adulte, mais aussi adolescent. On voit qu’ils ont muri, que la vie pour eux n’a pas toujours était simple en 10 ans. Et en même temps on voit aussi ce qui perdure notamment leurs sentiments. Et puis il y a cette voix, celle du narrateur, qui est irrésistible et vient commenter les actions des personnages. Elle ajoute de la légèreté.  Elle sert aussi a expliquer brièvement ce qu’il s’est passé durant les flash-back. J’ai noté qu’elle attise beaucoup la curiosité aussi  en faisant comme des teaser.

Enfin la beauté de ce roman tient aussi à l’histoire en elle-même. J’avais peur que cette superbe romance perde de son attrait en passant à l’époque moderne et pourtant non pas du tout. C’est une vraie grande, belle et triste histoire d’amour, telle que je les aime quand elle sont bien maitrisées. Ici pas de pathos, pas de nan-gnan non plus juste un amour compliqué parce que sérieusement vu les évènements, les non-dits et aussi cette absence de 10 ans rien n’est simple pour Eugène et Tatiana.

Voilà je ne vous en dirais pas plus mais lisez ce roman !

Convaincue ou pas ? L’avez-vous déjà lu et qu’en avez-vous penser ? Avez-vous lu d’autres romans de cette auteure ? Un à me conseiller absolument ? 

Coup de coeur·Jeunesse

Les Marvels de Brian Selznick

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Auteur : Brian Selznick

Edition : Bayard

Parution : Octobre 2017

Prix : 19,90€

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Résumé : Tout commence par un voyage en mer en 1766 sur le Kraken où se joue une pièce de théâtre… Entrez dans cette histoire en images et suivez une grande famille de comédiens, les Marvels, de génération en génération, jusqu’en 1900.
Puis, découvrez, un siècle plus tard, l’histoire de Joseph, échappé d’un austère pensionnat. Le garçon vient chercher refuge à Londres chez son oncle Albert Nightingale. Ce dernier vit dans une étrange maison comme sortie d’un autre monde… Qui vit entre les murs ? Qui sont ces Marvels dont les portraits fleurissent partout ? Joseph décide de percer le mystère des lieux…

Mon avis : J’adore zieuter bookstagram mais c’est rarement un élément déclencheur d’achat chez moi. Sauf pour lui. La couverture et tout autant le résumé m’ont totalement happé. Ce dernier promettait un récit pour jeunesse à la fois sur une aventure familiale avec des bateaux, du théâtre et sur le destin d’un jeune garçon et une maison pleine de mystère. Et Brian Selznick connu pour le livre Hugo Cabret m’avait toujours fait de l’oeil. Bref moi il m’en fallait pas plus. J’ai craquée.

Et quel Coup de Coeur !! Ce roman a été une claque magistrale. D’autant que je ne m’y attendais pas tellement. Je ne l’ai vu que très peu passé sur booktube ou instagram. J’ai eu raison d’y aller les yeux fermés. Cette chronique risque de partir un peu dans tous les sens parce que plus un livre m’a touché et plu moins je suis cohérente ^^. Désolée d’avance.

Alors, si j’ai bien compris tous les romans de l’auteur sont à la fois en texte et en illustrations. Et je ne veux pas dire qu’il y a des illustrations au milieu du texte ou bien qu’il s’agit d’une BD. En fait dans les Marvels nous avons deux parties : la première est un texte à part entière mais en images sans texte. Celui-ci n’arrive qu’en deuxième partie. C’est bluffant tout simplement. J’avais peur que sans aucun texte je ne comprenne pas l’histoire racontée par l’auteur mais ce ne fut pas du tout le cas. Les dessins de Brian de Selznick ont un pouvoir évocateur absolument dingue. Son trait a une force, une expressivité qui rend le texte quasiment superflue. Et lorsque cela est nécessaire notamment pour marquer le passage du temps, Brian Selznick a su habilement utiliser des extraits de journaux datés pour nous permettre de comprendre. Les parties illustrées sont une des forces du roman et prouvent que l’art de raconter des histoires peut se passer de mots.

De plus à travers ces deux histoires Brian Selznick nous montre également toute la force de son talent de conteur. La force évocatrice de ses dessins se retrouve aussi dans son texte. Il y a une vraie économie de mots dans son texte qui le rend plus percutant encore et poétique par de nombreux aspects. C’est doux-amer en fait comme la vie que l’auteur décrit. En peu de mots donc il parvient à nous rendre l’atmosphère mystérieuse de la maison de l’oncle du jeune héros par exemple. De suite nous comprenons, comme Joseph, que son oncle est un brin excentrique et qu’il y a de nombreux secrets dans sa demeure mais lesquels ? C’est bien ce qu’il va tenter de découvrir avec sa nouvelle amie, une voisine.

Dès lors c’est comme une épopée, un voyage dans le passé de sa famille. Joseph est un jeune garçon qui a une famille dysfonctionnelle je dirais, où rien n’est jamais vraiment dit ouvertement. Et puis il est tellement seul, ses parents voyageant dans le monde entier pour leur travail.  La découverte de son oncle, des secrets de cette maison, les amis qu’il se fait, tout cela permet à Jospeh de comprendre son mal-être et de revivre. Toute cette histoire est une splendide ode à la famille par les liens du sang mais aussi que l’on se choisi.

J’ai aimé que l’auteur ajoute à toutes cette découverte sur les Marvels de nombreux thèmes importants : le théâtre déjà et la vie des troupes, l’envers du décors, les problèmes du SIDA dans les années 80-90, les problèmes de communication dans les familles, la délinquance des jeunes et leur réinsertion, le deuil et les manières d’y répondre… Tous ces thèmes sont abordés de manière juste et sans aucun côté j’affiche mon avis à tort et à travers.

En bref j’ai découvert un auteur absolument incroyable avec une plume poétique et frappante, avec un don de dessinateur également remarquable et avec des histoires captivantes de bout en bout. Je peux vous dire que je vais vite me procurer d’autres de ses romans c’est certain.

Voici une petite sélection des illustrations du roman pour vous donner une idée :

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J’espère sincèrement avoir réussi à vous donner envie de découvrir ce merveilleux roman. N’hésitez pas à me dire si vous l’avez déjà lu, acheté et même si vous avez déjà lu d’autres textes de l’auteur. 

Jeunesse

Wonder de R. J Palacio

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Auteure : R.J. Palacio

Edition : PKJ

Parution : 2014

Prix : 17,90€ ou 8€

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Résumé : Ne jugez pas un livre sur sa couverture.Ne jugez pas un garçon sur son apparence.« Je m’appelle August. Je ne me décrirai pas. Quoi que vous imaginiez, c’est sans doute pire. »Né avec une malformation faciale, August, dix ans, n’est jamais allé à l’école. Aujourd’hui, pour la première fois, ses parents l’envoient au collège… Pourra-t-il convaincre les élèves qu’il est comme eux ?

Mon avis : Après avoir appris qu’il y aurait une adaptation cinématographique de ce roman avec Julia Roberts (que j’aime beaucoup), je me suis dis qu’il était quand même temps que je le lise enfin. Il est sorti en 2014 et je dois l’avoir dans ma PAL depuis 2015 environ. Bref ! Je suppose que je ne suis pas la seule a avoir des livres qui traient dans sa PAL pendant des années comme ça.

En tout cas ma première réflexion en le refermant ça a été « mais pourquoi j’ai encore attendu autant de temps ?!! ». Ce n’est pas un coup de coeur mais il l’a frôlé de très très près. Cette lecture c’est tout simplement une formidable leçon de vie, de courage, d’humilité et le genre de roman qui donne la pêche ! Si déjà rien que ça, ça ne vous donne pas envie moi je n’y comprends rien ^^.

Ce roman va nous raconter comment la vie d’August petit garçon de 10 ans souffrant d’une malformation faciale va voir son quotidien bouleversé durant sa première rentrée scolaire. La différence qui fait peur à tous : enfants et adulte c’est le quotidien d’Auggie. D’ailleurs parfois les adultes ici ont été bien pire que les enfants. Les parents de Julian, par exemple, sont les rois de la politique de l’autruche faisant mine de ne pas voir que leur fils est loin d’être tout rose. Au collège August va devoir faire face à tout cela et ça va le faire grandir. C’est un superbe message sur cette différence qui, si ici elle est physique, peut-être tout autre.

R. J. Palacio nous montre aussi la vie des collégiens avec réalisme que ce soit dans leurs pires défauts (vexations, méchancetés voire harcèlement) comme dans leur moment de joie, de partage, d’amitié et de courage. C’est tout cela que va découvrir Auggie. Et bien sûr, vu sa maladie il va en tentendre des vertes et des pas mûres. Mais ce que j’ai aimé c’est qu’il ne se laisse que très rarement atteindre. Ou alors c’est de manière justifiée et pas pour faire plus de pathos. En fait je n’ai eu à aucun moment pitié de August. L’auteure arrive a nous le rendre humain et a faire passer sa maladie au second plan et j’ai trouvé ça très intelligent. Elle en fait un petit garçon comme les autres qui a malencontreusement une maladie faciale qui gêne plus les autres que lui-même. Et là aussi certains camarades finissent par le voir comme nous lecteur : un petit garçon plein de vie et d’humour. Parce qu’il a toujours le mot pour rire August et j’ai adoré ça.

Ce que j’ai particulièrement aimé dans Wonder c’est toute la partie sur la famille. La question de scolariser Auggie est centrale au début du roman. On y découvre un vrai débat entre ses parents. Et ça ajoute un vrai plus de comprendre les motivations de sa famille. Souvent en jeunesse les parents sont occultés ou alors juger assez sévèrement. Ici pas du tout. Ils aiment Auggie et sa grande soeur. Ils font tous ce qu’ils peuvent et on voit que ce n’est pas facile pour eux non plus. Et le besoin d’indépendance de la soeur ainée de August est un vrai plus. J’ai parfaitement compris son envie d’être connue pour elle-même et non en tant que soeur du garçon difforme, surtout en pleine adolescence u moment où l’on se construit. En tout cas leur famille malgré quelques difficultés est une vraie famille unie et ça faisait plaisir à lire.

En bref lisez ce roman vous adorerez !

Convaincu ou pas ? Si vous l’avez déjà lu (depuis le temps qu’il est sorti aussi ^^) qu’en avez-vous pensé ? Comptez-vous aller voir le film en décembre ? 

Voici le lien de la bande-annonce. C’est super prometteur je trouve : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19571961&cfilm=232132.html

Jeunesse

Tortues à l’infini de John Green

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Auteur : John Green

Edition : Gallimard Jeunesse

Parution : Octobre 2017

Prix : 21€

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Résumé : Aza Holmes, 16 ans, a tout pour être aimée et avoir un bel avenir, mais elle a grandi avec une pathologie psychique. Qui est-elle, où est-elle, lorsque la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles s’empare d’elle? Vous aimerez Aza, qui raconte sa propre histoire, vous aimerez sa meilleure amie Daisy la tornade, et vous aimerez Davis, fils d’un milliardaire mystérieusement disparu.
Un trio improbable qui va mener l’enquête, et trouver en chemin d’autres mystères et d’autres vérités…

Mon avis : Qui n’a pas entendu parler de ce livre !! Il est partout en ce moment. Ayant adoré nos étoiles contraires j’étais assez curieuse de retrouver la plume de John Green. Et en même temps le résumé n’était pas franchement trop tentateur et puis j’avoue que la couverture ne me plaisait pas du tout. Bref j’étais intriguée mais sans attente particulière (ce qui évite d’ailleurs souvent les grosse déception à trop se monter le bourichon tout seul ^^). Et bien je dois vous dire que cette lecture a su m’émouvoir et me plaire bien plus que ça que je pensais. Et que cette couverture est finalement idéale et en accord totale avec l’histoire.

John Green avec cette histoire nous parle des maladies psychiques, des pensées invasives etc… C’est un peu de sa propre histoire qu’il insère dans ce roman et de ce fait c’est hyper réaliste. Aza est une jeune fille ayant des troubles psychiques lié à la santé. En fait elle analyse tout par rapport au risque d’infection microbienne. Dit comme ça c’est juste bizarre sauf que ça lui pourrie l’existence. Et John Green réussi le tour de force de nous faire pénétrer vraiment dans l’esprit des personnes atteintes de ces troubles. On est enfermé comme Aza. C’est une spirale infernale qui ne cesse de recommencer (d’où la couverture ^^). C’est une grande claque qu’il m’a foutu le John Green parce qu’il nous ouvre les yeux sur ces maladies parfois plus ou moins invisible au premier abord.

Mais ce roman n’est bien sûr pas que sur la maladie. C’est aussi sur l’amitié et dire que Daisy m’a plu est un euphémisme. Cette jeune fille si différente d’Aza est un pilier dans la vie de notre héroïne, c’est une jeune fille pleine de vie. Et on va découvrir qu’elle aussi n’a pas une vie simple pour autant. D’ailleurs cette partie confrontation entre leur deux monde, à Aza et elle est magnifiquement bien faite. La maladie mentale d’Aza l’enferme sur elle-même et la coupe sans qu’elle s’en aperçoive parfois de la réalité de la vie de ses amis. Et c’est Daisy qui va le lui faire comprendre de manière très humaine.

Enfin il y a l’enquête et surtout l’amour avec Davis. cette partie-là est pleine de poésie, de douceur. Davis est aussi un jeune garçon écorché par la vie. Fils d’un milliardaire qui n’a que faire de lui il tente de grandir sans père ce qui est pas simple. A son contact Aza va aussi évoluer positivement. Il va lui ouvrir les yeux et surtout lui apprendre que sa maladie elle sera toujours là mais qu’elle ne l’empêche pas pour autant de vivre. magnifique message non ?

En bref avec ce roman c’est un vrai tourbillon d’émotion qui va vous prendre aux tripes et ne plus vous lâcher. Foncez le lire !

Vous êtes tentés par ce nouveau John Green ? Les avez-vous tous les lu ? A part celui-ci et nos étoiles contraires que j’ai déjà lu lequel me conseilleriez-vous ? 

Fantasy·Jeunesse

Grisha de Leigh Bardugo

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Auteure : Leigh Bardugo

Edition : Milan

Parution : Octobre 2017 (nouvelle version)

Prix : 15,70€

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Résumé : OMBRE. GUERRE. CHAOS.
Un royaume envahi par les ténèbres.
Une élite magique qui se bat sans relâche contre ce mal.
Des citoyens envoyés en pâture aux créatures qui peuplent le Shadow Fold.
Parmi eux : Alina Starkov.
ESPOIR. DESTINÉE. RENOUVEAU.
L’avenir de tous repose sur les épaules d’une orpheline qui ignore tout de son pouvoir.
L’Invocatrice de lumière.

Mon avis : Ce livre j’ai eu la surprise de le recevoir il y a plusieurs mois des mains de la représentante des éditions Milan. Comme elle connaissait mon amour pour la duologie Six of crows elle était ravie de me passer ce SP et de m’annoncer que cette trilogie (écrite avant six of crows) allait enfin reparaître. Et oui reparaitre parce que Castelmore avait déjà publié le tome 1 il y a au moins 3-4 ans mais par manque de succès avait du arrêter après ce seul tome. Comme quoi d’une année sur l’autre le destin d’un livre peut changer.

Bref, entrons dans le vif du sujet et tout de suite je me dois de vous dire j’ai beaucoup aimé. D’une part j’ai aimé retrouvé l’univers de Six of Crows même si nous ne sommes pas à Ketterdam ici mais dans le royaume de Ravka. Nous sommes dans un univers à forte consonance Russe. Les noms font russe et surtout visuellement j’imaginais parfaitement un univers proche de Saint-Petersbourg entre éclat avec ces palais magnifique et paysage de froid enneigé. Comme pour Six of Crows Leigh Bardugo a un pouvoir extraordinaire pour donner vie au cadre de ces histoires. Ici j’avais l’impression d’être dans un conte russe populaire. C’est fascinant. Et puis c’est original. Cela change des univers médiévaux sommes toutes souvent réussis mais communs.

Ensuite ce que j’ai aimé c’est que ce roman-ci est un roman d’apprentissage et j’aime beaucoup ce genre. je m’explique. Alina Starkov est une jeune femme chétive, assez peureuse, qui se retrouve à suivre les militaires dans une mission suicide pour rester proche de son meilleur ami qu’elle aime en secret. Elle est quasiment invisible mais pas pour longtemps. Alors que son don est révélé au début du roman Alina va changer. Elle va être confrontée à un monde qu’elle ne connait pas. Elle, issue des classes laborieuses va se retrouver au coeur du pouvoir et de la Cour. Elle va devoir apprendre à se connaitre, s’affirmer et pas seulement à maitriser ses dons. Et tout cela avec humour d’ailleurs parce que s’il y a une chose qu’elle maitrise dès le début c’est l’ironie et l’humour mordant. Bref, Leigh Bardugo sait nous la rendre attachante. Elle sait aussi mêler habilement l’évolution de l’adolescence vers l’âge adulte avec l’entraînement pour la maitrise de son don. De ce fait le mot apprentissage prend tout son sens. Elle apprend à se connaitre entièrement avec son don et aussi à grandir.

Et puis très vite on se pose des questions sur le quotidien d’Alina. Est-elle vraiment à l’abri ? Qu’est-ce que le Shadow Fold ? Qu’a-t-elle a voir avec ça ? Cette partie-ci sans être aussi tortueuse que dans Six of Crows m’a aussi eu par surprise et ça j’adore. Au milieu du livre vous allez vous prendre un virage a 360° que je n’avais pas du tout vu venir. Et dès lors tout s’enchaine a une vitesse ahurissante et poser le livre devient impossible.

Enfin dernier point positif que j’ai déjà en partie expliquer plus haut ce sont les personnages tout simplement. L’auteure a définitivement un talent rare pour nous offrir une galerie des personnages profonds, humains, attachants ou pas mais toujours réalistes et dans la nuance y compris les mauvaises personnes. Le méchant de cette histoire est d’ailleurs un de mes personnages chouchou. Il m’a bluffé en fait. J’ai vraiment hâte de voir ce que va en faire Leigh Bardugo mais ça promet !

En bref évidemment je vous recommande ce premier tome et si je vous connaissez toujours pas six of crows lancez-vous !

Est-ce que ce titre vous donne envie ? Et d’ailleurs est-ce que ma chronique vous a donné envie ^^ ? Bon et puis cette couverture est sublime non ? Pour ceux qui l’on lu vous êtes d’accord avec moi ? 

Jeunesse·Littérature française

L’aube sera grandiose d’Anne-Laure Bondoux

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Auteure : Anne-Laure Bondoux

Edition : Gallimard

Parution : Septembre 2017

Prix : 14,90€

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Résumé : Ce soir, Nine, seize ans, n’ira pas à la fête de son lycée. Titania, sa mère, en a décidé autrement. Elle embarque sa fille vers une destination inconnue, une cabane isolée, au bord d’un lac. Il est temps pour elle de lui révéler l’existence d’un passé soigneusement caché. Commence alors une nuit entière de révélations…
Qui sont Octo, Orion et Rose-Aimé ? A qui appartient cette mystérieuse cabane ? Et ce vélo rouge, posé sous l’escalier ?
Au fil d’un récit souvent drôle, parfois tragique et bouleversant, Nine découvre un étonnant roman familial.
Quand l’aube se lèvera sur le lac, plus rien ne sera comme avant.

Mon avis : Ce titre m’avait tapé dans l’oeil avant même sa parution pour son titre, pour son auteure aussi dont je n’entends que du bien et pour son résumé aussi. J’espérais ne pas trop en attendre pour ne pas être déçue et heureusement cela n’a pas du tout été le cas. Cette lecture est de celle qui marque positivement et durablement. Chouette non ?

J’ai aimé être embarqué d’emblée dans l’intrigue. On sent que Titania cache quelque chose qu’elle a peur de dévoiler à sa fille et en même temps qu’elle a besoin de partager. Forcément c’est hyper intriguant. Le récit va alors osciller entre passé et présent et de manière adroite. Le passé est toujours coupé à des moments charnières de la vie de Titania. De fait je me suis facilement identifié à Nine qui au départ ne comprends rien à tout ce qui lui arrive si ce n’est que toute son histoire familiale d’est qu’un vaste mensonge. On est comme elle, on débarque quoi ! Et très vite, comme elle, on est happé et les questions fusent. Et là encore Anne-Laure Bondoux sait user nos nerfs en nous faisant attendre.

Ce texte est une ode à la famille. Mais une famille qui si elle est mouvementée reste unie quoiqu’il arrive, envers et contre tout et tous. C’est un vrai beau message. Ce texte aussi retrace de manière formidable les années 70-80 en nous dévoilant les moeurs de l’époque, les manières de parler, les inventions qui aujourd’hui nous paraitraient vieillots. On a aussi une vraie importance qui est donné au rock de ces années-là. ce qui se ressent dans le texte d’ailleurs souvent très rythmés. Cette immersion dans ces années-là rend l’histoire de cette famille encore plus ancrer dans le réel. Surtout cela permet de montrer que qu’importe les époques certains drames, certaines joies et l’amour filial reste le même.

Au final ce roman a su combler mes attentes bien au-delà de ce que j’espérais et je ne peux que vous conseiller de vous rouer dessus. En plus il a eu le prix Vendredi, un nouveau prix littéraire destiné à la littérature ado souvent délaissée par les médias. Ca me fait plaisir pour cette oeuvre qui le mérite amplement.

Est-ce que mon avis vous donne envie ? Si vous l’avez lu êtes-vous d’accord avec moi ou pas ? 

Coup de coeur·Fantastique·Jeunesse

La trilogie des cartographes de S.E Grove

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Auteur : S.E Grove

Edition : Nathan

Parution : 2015, 2016, 2017

Prix : 17,90€, 17,95€ et 18,95€

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Résumé du tome 1 : Une seule carte peut décider de l’avenir de ce monde… 1799 Subitement, tous les continents sont plongés dans des périodes historiques différentes, créant un monde nouveau, fantastique et plein de dangers.

Un siècle plus tard Sophia vit à Boston, en Nouvel Occident. Ses parents, explorateurs, ont disparu en mission quand elle était enfant. Depuis, elle est élevée par son oncle Shadrack, le plus célèbre cartographe de Boston. Mais Shadrack est brutalement kidnappé! La jeune fille s’élance alors sur ses traces. Elle n’a qu’une piste : une mystérieuse carte de verre accompagnée d’un message de son oncle. Avec son nouvel ami Theo, elle va devoir traverser des territoires aussi inconnus que dangereux…

Mon avis : Et une nouvelle série terminée ! J’avais hâte d’avoir le fin mot de l’histoire et en même temps pas envie de mettre un point final à cet univers. C’est le signe d’une bonne voire ici, très bonne lecture non ? Sans vous spoiler les trois tomes je ne vais que vous donner les grands points positifs de cette trilogie. Je ne pourrais pas forcément entrer dans les détails (mais en même temps je le fais rarement car rien ne vaut de se plonger soi-même dans le livre).

Alors LE gros point qui m’a au départ intriguée, puis plu puis totalement bluffée au fil des tomes c’est tout simplement le monde dans lequel se passe cette trilogie. Comme le dit le résumé, un jour il y a eut le « grand bouleversement ». Notre monde s’est retrouvé sans dessus-dessous chronologiquement. De fait, dans une même région peuvent cohabiter des âges différents : moyen-âge et XIXème siècle par exemple. J’adore tout ce qui a trait aux voyages dans le temps. Là c’est presque ça et en même temps c’est différent et totalement incroyable. L’action débute nous sommes une centaine d’année après les fait. Des pays ont vu le jour sur les ruines de l’ancien monde. Sophia elle vit dans le Nouvel Occident, un âge basé sur l’ère victorienne. Dit comme ça c’est original mais l’auteure va encore plus loin. Je ne dévoilerais pas tout mais ces âges sont beaucoup plus complexes que juste des limites temporales. Une vraie réflexion, parfois complexe mais toujours bien expliquée par l’auteure y est développée. Par exemple un âge du futur existe et forcément la question de son impact sur les autres âges a de l’importance et créer même pas mal de rebondissement. L’auteure a développée un univers vraiment dingue qui va bien au-delà de ce que je m’attendais à lire en littérature jeunesse. Et rien que pour ça c’est gratifiant. Non parce que ce n’est pas parce que c’est jeunesse que ce doit être simple et basique. Là en tout cas ce n’est pas le cas !

Deuxièmement j’ai adoré tous les personnages de ce roman notamment Shadrack, Théo et Calixta. Ils sont nombreux ! Mais là encore pas de soucis chacun va apparaitre petit à petit. Et ce qui est formidable c’est que l’auteure a su leur donner à chacun une voix propre, un passé souvent pas simple et un objectif qui ne coïncide pas toujours avec celui de Sophia. Du coup ce qui n’étais au départ qu’une quête des parents de Sophia devient petit a petit une intrigue bien plus foisonnante.

Enfin l’auteure a une plume vraiment chouette. C’est limpide et clair ce qui mérite un grand bravo quand on voit que le monde qu’elle a imaginé est, lui, beaucoup moins clair de prime abord. Surtout elle sait distillé les informations au compte goutte mais juste quand il faut pour créer de l’attente mais pas de l’énervement. Et puis elle maitrise aussi très bien l’humour et avec des réparties hilarantes et les retournements de situations. Si j’avais peur que l’auteure se perde dans toutes ses intrigues en fait S.E Grove a en fait tout mené avec brio !

Au final si vous voulez un univers riche, foisonnant, plein de rebondissement, que vous aimez les voyages dans le temps ou ce qui y a trait, cette trilogie est pour vous ! Vous avez pu remarquez que je n’explique pas du tout le titre mais c’est volontaire. Le mystère des cartes est fondamental dans ce récit et je ne vous en dirais rien ^^.

Vous connaissez les cartographes ? Mon article vous a donné envie ou pas du tout ? Si vous l’avez déjà lu est-ce que vous avez aimé ?