Bande-dessinée

Michigan de J. Frey et L. Varela

michigan

Auteur : Julien Frey

Dessinateur : Lucas Varela

Edition : Dargaud

Parution : 2017

Prix : 19,99€

 

Résumé : Lorsque Julien débarque dans le Michigan pour y rencontrer la famille américaine de sa femme, il découvre l’Amérique du Midwest marquée par la crise des subprimes et des cousins pas ordinaires. Mais surtout, il rencontre Odette, la grand-tante française au caractère bien trempé. Cette parisienne qui, à la fin de la seconde guerre mondiale, s’est mariée avec un soldat américain. Comme elle, 200 000 européennes ont quitté leur famille et leur pays par amour pour un GI. 200 000 femmes qu’on appelle des « War Brides ».

Mon avis : J’ai craquée encore une fois pour une BD à cause de sa couverture. Celle-ci m’a d’emblée captivée. Et puis le sujet aussi était intéressant. J’avoue que je ne connaissais pas du tout ce terme de « war brides ».

Nous suivons donc Julien un jeune français marié à une américaine qui va lui présenter sa famille et notamment Odette une française venue s’installer aux USA après s’être marié à un GI. Les deux histoires et les deux époques sont entremêlées ce que j’adore.

Chaque question de Julien, qui s’intéresse énormément au passé d’Odette, nous entraine dans le passé de la la vieille dame. Comment elle a rencontré John, la présentation à sa famille, son choix incompris de le suivre jusqu’au Etats-Unis, la traversée et surtout comment ces femmes venue de l’Europe entière étaient prises en charge. Bref à travers cette histoire intime c’est le portait de toute une génération de femme qui nous est dressé. Et c’est passionnant !

En parallèle nous avons le portrait d’une famille américaine d’aujourd’hui sans concessions mais avec beaucoup d’humour. On voit comment la crise des subprimes a pu faire basculer la vie de nombreuses familles. J’ai surtout adoré les nombreuses piques que Julien et le mari de la soeur de sa femme (faut suivre ^^) se lancent : nous en France ça c’est mieux, oui mais nous aux Etats-Unis patati patata. Bref les clichés sont utilisés et démontés à bon escient et c’est drôle.

Une très très belle BD avec des couleurs sublimes et un message passionnant. A découvrir.

Bande-dessinée

Prends soin de toi, Gérgory Mardon

prends soin de toi

Auteur/dessinateur : Grégory Mardon

Edition : Futuropolis

Parution : 2017

Prix : 22€

Résumé : À la suite d’une rupture amoureuse, un homme, la petite quarantaine, emménage dans un nouvel appartement qu’il entreprend de rénover complètement. La précédente occupante, une vielle dame, vient de mourir après y avoir vécu toute sa vie. En déchirant la moquette, près de la porte, il trouve une lettre. Une lettre d’amour qui lui était destinée, d’un homme qui lui proposait de la rejoindre à Marseille… Il décide alors de rendre cette lettre à son expéditeur, qui habite toujours Marseille. Et pourquoi ne pas en profiter pour descendre en scooter et traverser la France par les petites routes en prenant quelques jours de vacances ? Un voyage intime et intérieur qui le renvoie à sa propre situation.

Mon avis : Tombée admirative devant la beauté des couleurs de la couverture j’ai pourtant beaucoup hésitée avant de craquer. Finalement après avoir visité 3 librairies différentes où elle était toujours mis en avant je l’ai prise. D’autant que pendant ce laps de temps j’arrêtais pas de penser à cette BD. Je sais pas si ça vous le fait souvent vous, lorsqu’on a tellement envie d’un livre sans en avoir rien entendu qu’on y pense tout le temps et qu’on est certain d’aimé ?

Ce récit est celui d’un homme arrivé à la quarantaine qui se fait larguer peu de temps avant le début de la BD et doit réussir à refermer cette histoire ce qu’il a beaucoup de mal à faire. Décidant de déménager cet homme découvre pendant les travaux une lettre d’amour jamais ouverte par un mauvais concours de circonstances. Alors sur un coup de tête notre héros enfourne son vespa direction Marseille à travers les petites routes de France. Il faut savoir que j’adore les road trip. On voyage avec les personnages et surtout on les voit réfléchir sur eux, leur histoire, s’émerveiller du monde et grandir. Ici c’est tout à fait cela. C’est intimiste et du coup nous sommes au plus près du ressenti de cet homme qui se sent perdu dans sa vie et qui n’arrive pas a rebondir après sa séparation.

La mise en scène des casses aident d’ailleurs à ressentir et à en prendre plein la vue comme le héros. On alterne ainsi entre les grandes cases faisant défilés les beaux paysages de notre pays: ses petits villages de pierres, ses vignobles sous la soleil et les zoom sur le héros offrant ses émotions comme un livre ouvert. Le tout est ultra touchant.

Et surtout quel magnifique dessin. La finesse des traits sert magnifiquement bien ce récit intime peut-être assez banal de séparation (mais qui ne l’est jamais vraiment quand ça nous touche nous). Et surtout quel jeu de couleur absolument divin ! J’en ai encore des étoiles pleins les yeux alors même que je l’ai lu il y a plus d’un mois. Je vous laisse découvrir cela grâce à quelques cases trouvées sur internet. Les couleurs sont franches, vives ou au contraires grises et mornes s’accordant avec le ton du récit à merveille.

En bref, cette BD a tout pour plaire à chacun et mérite vraiment d’avoir un lectorat le plus vaste possible.

 planche 1    planche 3

planche 2

Bande-dessinée

Momo, Garnier/Hotin

Momo

Auteur : Jonathan Garnier

Dessinateur :  Rony Hotin

Edition :  Casterman

Parution : 2017

Prix :  16€

Résumé : Momo, 5 ans, est éduquée par sa grand-mère dans un village portuaire. Elle croque la vie, entre petites bêtises et modèles d’avenir, les sentiments à fleur de peau. Présentations avec une fillette incroyablement attachante.

Mon avis : Momo est une jeune fille tous simplement incroyable. Elle vit chez sa grand-mère car son père travaille sur un bateau de transport et est donc très souvent absent pendant de longues périodes. De sa mère on a aucune information.

Cette BD c’est tout simplement un vrai raz de marée de sensation pour moi. Un vrai coup de coeur. Moto est une petite fille très attachante. Elle représente à elle seule l’insouciance et l’innocence. Elle est vive aussi. N’hésite jamais à mettre les pieds dans la plat, n’a pas peur de parler à des plus grands et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Du haut de ses 5 ans elle en impose. Mais en même les deux créateurs de la Bd on su lui garder une bouille d’enfant, des attitudes et des façons de parler comme une enfant. Elle est donc tout simplement adorable. Je vous défie de ne pas succomber à ce petit bout.

Elle va en vivre des aventures dans cette BD. Entre amitié avec des grands, course-pousuite avec le chat de sa grand-mère, course chez le poissonnier du village qui lui fait peur. C’est une vraie histoire d’amitié, de bêtises d’enfants qui nous rappelle un peu nous quand on avait 5 ans.

Et puis outre être une BD vive, enjouée il y a aussi de vrai moment dur qui à l’image de la vie, rendent le récit réaliste. En effet, déjà son papa ne cesse de lui manquer. Moto est parfois perdue sans lui à ses côtés. Et puis la fin. C’était un tel crève-coeur. Je ne m’y attendais pas du tout.

En effet, un autre gros point positif ce sont bien sûr les dessins et pour moi, surtout les couleurs. Elles sont douces avec des traits du visages très expressifs. Les deux niveau de communication entre les bulles et les dessins sont parfaitement accordés. Mais avec des couleurs aussi douces je m’attendais à un récit entièrement joyeux et doux. Or, non. Et c’est ce qui rend cette Bd encore plus belle.

J’aurais encore plein de belles choses à vous racontez sur cette BD mais le mieux c’est encore que vous la lisiez. Ce cycle (peut-être, j’espère, le premier d’une plus longue série) n’est qu’en deux tomes en plus. Et puis vraiment vous adorerez découvrir cette petite fille si juste, si incroyable à tous les niveaux. Foncez !

Bande-dessinée

Le port des marins perdus de Teresa Radice et Stefano Turconi

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Auteur : Teresa Radice

Illustrateur : Stefano Turconi

Edition : Glénat et Treize étrange

Parution  :  2016

Prix : 22€

Résumé : Automne 1807. Un navire de Sa Majesté récupère au large du Siam un jeune naufragé qui ne se rappelle que de son prénom : Abel. Le garçon se lie rapidement d’amitié avec le premier officier, capitaine du navire depuis que le commandant s’est enfui avec le trésor du bord. Abel retourne ensuite en Angleterre où il loge dans l’auberge tenue par les trois filles déchues du fuyard. Alors que la mémoire lui revient peu à peu, il découvre quelque chose de profondément troublant sur lui-même, et la véritable nature des personnes qui l’ont aidé…

Mon avis : Coup de coeur pour cette BD. Je l’ai découverte en me promenant au salon de Montreuil. J’accompagnais Alexandra qui venait chercher Alice de l’autre côté du miroir. Et là je suis tombée sur cette Bd fantastique. J’étais déjà sous le charme rien qu’avec la couverture. Heureusement ça s’est confirmé avec le contenu lui-même.

L’histoire déjà est géniale. On pourrait croire que ça ne va être qu’une histoire de marins et bien détrompez-vous. Cette partie est importante bien sûr et j’ai adoré. Bon faut savoir que moi si tu me parles de bateaux, de pirates, de découvertes maritimes je suis déjà intriguée. Et là, franchement il y a de la maitrise. On est de plein pied dans le quotidien d’un vaisseau de la marine britannique. Teresa Radice nous abreuve de vocabulaire de marins qui même s’ils ne sont pas expliqué donne le ton à l’histoire. Mais outre cela elle insère aussi des chants de marins qui ont vraiment existés. Bref il y a eu de la recherche et ça se sent.

Mais comme je le disais, ce livre n’est pas qu’une histoire de marin. C’est l’histoire D’Abel, un jeune garçon repêché au large du Siam totalement perdu et sans mémoire. Petit à petit vont apparaitre des éléments qui vont construire la trame principale du livre jusqu’au dénouement final. Tout est hyper bien agencé d’ailleurs ! Nous avons donc une histoire de marins, de bateau mais en parallèle celle d’Abel en quête de son passé. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il va rencontrer une foule de personnage incroyable.

C’est un autre point qui m’a marqué. De nombreux personnages apparaissent et pourtant tous ont de l’importance, une vraie valeur pour l’histoire. Et c’est vraiment incroyable comme ils ont de la profondeur. Je retiendrais Abel bien sûr (tant de douceur et de force c’est incroyable) mais aussi Rebecca (personnage énigmatique et captivante) ou Yasser. Yasser n’est qu’un personnage de second plan et pourtant par le dessin et surtout par son dialogue il a une vraie voix. Il pousse à réfléchir et souvent ses pensées m’ont beaucoup plu. En bref aucun n’est laissé un peu en retrait. De plus, outre les dialogues, Teresa Radice donne aussi parfois de long monologue aux personnages et loin d’être « chiant » c’est au contraire l’occasion d’aller au coeur des personnages. Bref vous l’aurez compris pour ce qui est des protagonistes ici vous ne serez pas déçu !

Enfin, je ne peux passer à côté du travail fantastique de Stefano Turconi. Non mais regardez moi cette BD. C’est incroyable ! Même si l’intérieure est en noir et blanc sans couleur c’est d’une force et d’une beauté à couper le souffle. Tout est crayonné. Et cette simplicité même fait la force du trait de l’illustrateur. Et surtout que de finesse. Il y a toujours une foule de détails à observer qui abreuve notre imaginaire et répond magnifiquement bien aux texte de Teresa Radice. Si pour son texte je sentais beaucoup de recherche il en est de même pour le dessin. Rien que les cases sur les bateaux sont incroyable de précision.

Ah oui et j’oubliais de dire que les deux créateurs de la BD nous offre aussi un beau voyage au pays de la poésie, puisque celle-ci fait partie intégrante du port des marins perdus. On y trouve de très nombreux extraits de Wordsworth, Blake… J’ai découvert de très beau poèmes alors même que je ne suis pas très poésie.

Stéphanie